Le futur est entropique


 

Futur entropiK. Drôle de nom pour un blog, me direz-vous. Et pourtant, l’entropie est notre quotidien. Elle fait partie de ces évidences qui nous entourent, nous définissent, et sur lesquelles nous mettons pourtant rarement des mots.

 

Retour en cours de Physique Chimie. L’entropie, c’est la grandeur utilisée par les scientifiques pour mesurer  l’ordre – et à fortiori, le désordre –  des particules dans un système. Dans une matière solide, l’entropie est très faible : cela signifie que les particules qui la composent sont très ordonnées et seront capables de produire des effets mécaniques sans trop d’énergie. A contrario, dans une matière liquide ou gazeuse, l’entropie est très élevée : les particules sont les mêmes mais, parce qu’elles évoluent dans tous les sens et sans véritable ordre, leur énergie est moins utilisable.

 

Là où cela devient intéressant, c’est que cette entropie ne peut qu’augmenter. La meilleure illustration reste encore notre bon vieux frigidaire. Son fonctionnement est simple : il refroidit le contenu, en réchauffant l’extérieur (par dissipation d’énergie). Ce faisant, l’entropie du frigidaire baisse (les particules d’air se figent et se refroidissent), tandis que l’entropie de votre cuisine augmente (même si cela ne remplacera pas votre bon vieux chauffage). Les physiciens ont prouvé que le différentiel entre les deux entropies était toujours positif (ou nul), ce qui signifie que l’entropie globale a elle,  grimpé.  En résumé,  l’entropie et le désordre augmentent inexorablement.

 

Le corps humain, et la vie en général, ne sont pas en reste. Au niveau micro, nous sommes le théâtre de millions de changements d’état et d’échanges d’énergie. Augmentant progressivement, l’entropie rend les effets mécaniques quotidiens (marcher, respirer, etc) plus difficiles à mesure que l’énergie inutilisable augmente par rapport à l’énergie utilisable. Vu de cette façon, mourir de vieillesse n’est alors rien de plus que l’entropie maximale.

 

Au niveau macro, difficile de ne pas penser à l’entropie quand on observe les transformations permanentes et irréversibles qui secouent notre monde. La fissuration des religions et des idéologies politiques d’abord, puis la mondialisation et la technologisation ensuite, procèdent de l’abolition de l’ordre et d’une augmentation lente et inexorable d’entropie. Nous ne sommes plus des particules ordonnées dans un système donné, mais au contraire, des corps indépendants qui s’entrechoquent et évoluent dans tous les sens sans ordre apparent. D’un monde homogène et froid, nous évoluerions donc aujourd’hui dans un monde chaud et en perpétuel mouvement.

 

Dans un tel futur entropique, le désordre doit-il pour autant être perçu comme négatif ? Rappelons que sans désordre , il n’y a pas de progrès. C’est en secouant et accélérant les particules qu’on bouleverse les consciences. Dans un état d’entropie élevée, nos esprits sont enfin libres de penser par eux-mêmes. A ce titre, et je m’inscris dans cette dynamique, les artistes sont les plus grands avatars de l’entropie. Rien ne s’oppose plus à l’ordre que l’art.

 

Je me dois ici de conclure sur les paroles sages de l’auteur Jonathan Culver, pour qui « les artistes sont des agents du désordre. C’est le rôle des artistes que d’encourager l’entropie, et de promouvoir le chaos. Les idoles doivent être tuées, les icônes écrasés, les croyances brisées. C’est le rôle des artistes que d’encourager des pensées et des émotions légitimes, libres et pures. »

 

Le futur est entropique. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

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